La coéducation en maternelle, une pratique inclusive ?

La communauté éducative s’accorde sur le fait que l’implication parentale et la collaboration avec les enseignants ne peuvent qu’améliorer la réussite scolaire des élèves. Toutefois, travailler avec les familles au sein de l’école primaire, c’est-à-dire construire dans un contexte démocratique, qui accorde à toutes les familles une reconnaissance de leurs compétences éducatives, relève dans le contexte actuel du militantisme. En effet, ce fonctionnement semble entrer en contradiction avec une logique de compétences qui, implicitement, accorde de la valeur à celles utiles à l’économie occidentale. Ce que d’aucuns nomment coéducation se traduit par une explicite guidance des familles dans le but d’accompagner au mieux leurs enfants dans leur scolarité, c’est-à-dire, de répondre aux attentes économiques et politiques de la société occidentale ; l’homogénéisation des savoirs lissant alors la diversité des compétences et des cultures. Comment dès lors impliquer les familles les plus éloignées de la culture scolaire à l’école tout en respectant leurs singularités culturelles ? Nous proposons des éléments de réponse à partir d’une expérimentation menée en 2017-2019 en grande section de maternelle, dans une classe de REP de Perpignan.

Mots-clés : coéducation, école ouverte, familles éloignées de la culture scolaire, émancipation, inclusion

The educational community agrees that parental involvement and collaboration with teachers can only improve the academic success of pupils. However, working with families in the primary school, i.e. building in a democratic context, which gives all families recognition of their educational competences, is militant in the current context. Indeed, this operation seems to contradict a logic of competences which implicitly values those useful to the occidental economy. What some call coeducation translates into explicit guidance of families in order to best support their children in their schooling, i.e., to meet the economic and political expectations of contemporary occidental society; the homogenisation of knowledge then smoothes out the diversity of skills and cultures. How then can we involve the families furthest from the school culture in the school while respecting their cultural singularities? We propose some answers based on an experiment conducted in 2017-2019 in a kindergarten class in a REP school in Perpignan (France).

Keywords : coeducation, open school, families far from the school culture, emancipation, inclusion

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